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La faible épaisseur d’eau du marais permet à la lumière de pénétrer jusqu’au fond, là où sont les éléments nécessaires à la formation du phytoplancton. La concentration en plancton végétal et animal en fait une véritable nurserie naturelle.

La richesse alimentaire et la douceur climatique générées par les marais en font aussi le lieu de prédilection d’une flore et d’une faune rares. Une multitude d’oiseaux migrateurs viennent du Grand Nord s’y fortifier : vanneaux, pluviers argentés, courlis, hérons cendrés, échasses blanches, chevaliers gambettes, avocettes, bécasseaux, et tous les palmipèdes, dont quelques uns très rares, comme l’oie bernache. Cette richesse vaut au bassin salicole guérandais d’être inscrit dans de nombreux inventaires : Ramsar, ZNIEFF (Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique, Floristique et Faunistique).
Quant à la végétation, elle croît sur les talus, comme la cardère, le fenouil ou l’armoise, mais la flore la plus spécifique et la plus étrange des marais est celle qu’engendrent les vases salées. Parmi ces plantes halophiles, la salicorne est la plus connue, pour ses qualités nutritives, ses propriétés diurétiques, et son excellence gastronomique.

Un paradis pour les oiseaux

Les salines constituent un écosystème très riche, qui rassemble une grande diversité de milieux. Les premiers bassins de stockage, vasières ou vasais, remplis rériodiquement, présentent une salinité proche de l’océan, qui permet le développement de plancton et la présence de poissons. Vide, sa vase regorge de crustacés, mollusques et vers? Aux marges du marais, les eaux douces, de ruissellement, mêlées aux eaux salées, permettent le développement des roseaux et joncs. L’ensemble des conditions est donc requis pour attirer une large population d’oiseaux d’eau : ils trouvent le gîte dans la partie touffue de la végétation alentour et le couvert dans les bassins qui constituent des garde-manger.

Le heron cendré des marais salants de Guérande

Le heron cendré des marais salants de Guérande

Les limicoles trouvent leur pitance dans les vasières qu’ils fouillent grâce à leur bec. Emblématique des salines, l’avocette élégante (Recurvirostra avosetta) se distingue par son plumage blanc et noir. Haut perchée sur ses longues pattes bleutées, elle sabre l’eau de son long bec fin et retroussé en lançant sa tête de droite et de gauche. Si les paludiers et sauniers ont élu l’avocette reine de leurs marais, ils sont moins satisfaits de la présence du tournepierre à collier ( Arenaria interpres). En période prénuptiale, il squatte les ponts des salines et les abîme avec sa fâcheuse habitude de piquer partout à la recherche de nourriture : grâce à son court bec en stylet; il creuse l’argile, soulève herbes marines et pierres. Les paludiers et sauniers sont parfois dérangés par un long cri strident qui leur fait lever la tête et chercher du regard qui les interpelle de la sorte : c’est le gravelot à collier interrompu (Charadrius alexandrinus) ! ce petit limicole rondouillard se repère à son allure : il se déplace avec vélocité dans de brèves courses entrecoupées d’arrêts tout aussi rapides.
Les palmipèdes fréquentent les marais entre deux migrations. C’est le cas de la bernache cravant (Branta bernicla), oie marine de petite taille, reconnaissable à son plumage très sombre et son arrière-train blanc, qu’elle livre au regard en plongeant pour aller pêcher la zostère, herbe marine dont elle se nourrit. Autre pataugeur très reconnaissable, le tadorne de Belon (Tadorna tadorna) se signale, pour les mâles du moins, par son bec rouge surmonté d’un tubercule. Pour élever ses petits, le tadorne constitue des crèches rassemblant plusieurs centaines de poussins laissés à la surveillance d’un ou deux adultes. Certains hôtes à plumes des marais sont de fins pêcheurs. Ainsi la sterne pierregarin (Sterna hirundo) vole sur place au-dessus de l’eau pour repérer ses proies et plonge comme une flèche dans une gerbe d’eclaboussures .

L'hirondelle de mer à sa queue fourchue des marais salants de Guérande

L’hirondelle de mer à sa queue fourchue des marais salants de Guérande

Elle doit son surnom d’hirondelle de mer à sa queue fourchue. On la reconnaît à sa calotte noire qui tranche sur son plumage blanc et à son bec rouge souligné de noir. L’aigrette garzette (Egretta garzetta), et le héron cendré (Ardea cinerea) sont les piscivores les plus faciles à repérer sur le marais. Le premier est plus petit que le second et se reconnaît à son plumage blanc, et ses pattes noires aux doigts jaunes, tandis que le héron cendré arbore un plumage grisâtre. Tous deux sont de patients prédateurs : ils peuvent rester longtemps immobiles a surveiller leur proie avant de la faucher d’un rapide et puissant coup de bec.
Le plus petit des pêcheurs des marais est le martin-pêcheur (Alcedo atthis).
Malgré un plumage flamboyant, d’un bleu métallisé, il est particulièrement difficile à observer car très furtif. Après avoir repéré ses proies depuis un perchoir ou en vol stationnaire, il plonge à la verticale, et les prélève de son bec puissant. Tout aussi difficiles à observer, à cause de leur petite taille, les passereaux sont des hôtes discrets du marais. Ils sont plus faciles à entendre car ce sont de fins chanteurs.
Le gorgebleue à miroir blanc (Luscinia svecica namnetum) est surnommé la perle du marais. Seul le mâle arbore cette gorge bleue où éclate une tache centrale blanche. Même son chant est délicat à repérer car c’est un fin imitateur .


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