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LA SALICORNE
Cette plante grasse pousse à partir du mois d’avril à proximité immédiate de l’eau salé et en particulier sur les petites levées qui canalisent l’eau dans le marais salant. A partir de la fin de l’été et en automne elle prend une couleur rouge caractéristique avant de sécher et dépérir. Il s’agit d’une plante comestible au goût salé et iodé que l’on peut déguster comme légume, cuite ou en salade, ou encore comme condiment lorsqu’elle est confite dans le vinaigre.

Les salicornes des marais salants de Guérande

Les salicornes des marais salants de Guérande

 

L’OBIONE

Ce petit arbrisseau aux feuilles arrondies et charnues pousse en colonies très denses au pied des bosses des marais salants. Sa floraison qui intervient en été est peu spectaculaire, ses fleurs jaunâtres étant d’assez petites taille.

L'obione, plante des marais salants de Guérande

L’obione, plante des marais salants de Guérande

 

LA MOUTARDE NOIRE

Au printemps les bosses des marais salants se couvrent de fleurs jaunes : cette particularité du paysage est due à la moutarde noire. Cette crucifère de la même famille que le colza développe le long de ses tiges des petites cosses contenant de minuscules graines brunes. Celles-ci, broyées et mélangées à du vinaigre pourront donner le fameux condiment.

La moutarde noire des marais salants de Guérande

La moutarde noire des marais salants de Guérande

 

LA STATICE

Cette plante vivace de 30 à 60 cm de haut est également appelée limonium, lavande de mer, immortelle des sables ou encore saladelle dans le midi. Ses fleurs violacées conservant longtemps leur éclat une fois la plante séchée, elle est souvent cueillie sur le marais. Cette pratique désormais interdite a entraîné une raréfaction de cette espèce protégée caractéristique des marais maritimes.

La statice des marais salants de Guérande

La statice des marais salants de Guérande

 

LA SOUDE MARITIME

Plante herbacée de milieu humide et salé, la soude se caractérise par ses feuilles en aiguilles demi cylindrique. Ce végétal entrait autrefois dans la composition du ‘lessit’, décoction obtenue en faisant bouillir un mélange de plantes halophiles et de sarments dans un sachet de toile. Le produit ainsi obtenu servait alors de lessive.

La soude marine des marais salants de Guérande

La soude marine des marais salants de Guérande

 

LE FENOUIL SAUVAGE

Plante vivace pouvant atteindre 1 mètre de haut, la chicorée sauvage a de petites feuilles allongées aux lobes profonds et des fleurs bleu vif. Son fruit à la surface légèrement écailleuse appartient à la catégorie des akènes.
La consommation de chicorée sous forme de décoctions, à l’occasion de maladies hépatiques, permet de stimuler la sécrétion de bile et de sucs gastriques. L’action diurétique et laxative de cette plante est généralement employée pour soulager les inflammations des voies urinaires. De par sa concentration en inuline, elle est également appréciée dans le traitement du diabète.

Le fenouil sauvage des marais salants de Guérande

Le fenouil sauvage des marais salants de Guérande


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1: Le chenal d’alimentation qui mène l’eau de la mer à la saline est l’étier . A Ré on le nomme essai ; à Oléron ruisson à Guérande l’étier

2: Au nord de la Loire, le premier réservoir du marais est la vasière . Les sauniers de Ré ou de Noirmoutier l’appellent le vasais . Les Vendéens la réserve . Les Oléronais le jas . On y distingue parfois une pierre, au centre, qui sert de niveau . On l’appelle Le Bonhomme . Une Bonne femme l’accompagne parfois, signalantla limite minimum du stock d’eau nécessaire . On les nomme aussi pierres de peluet à Guérande, du nom de plateau central de glaise où elles sont fichées .

Les marais salants de Guérande en Bretagne

Les marais salants de Guérande en Bretagne

En période de production , il est alimenté à chaque grande marée .
3 : Le cobier est un bassin intermédiaire des salines de Guérande . C’est la métière des sauniers de Ré , de Vendée et d’Oléon . Des levées de terre y forment des chicanes pour rallonger le circuit de l’eau .
4 : Les Bassins suivants sont les fards, au nord de la Loire, ou tables courantes et hautaies, au sud . Ils alimentent les adernes de Guérande, les muants deRé et d’Oléron et les brassioux de Vendée, véritables réservoirs de chauffe qui approvisonnent quotidiennement les oeillets en saumure . A Ré, des bassinsintermédiaires existent, entre les muants et le bassin de production proprement dit, ce sont les nourrices .
5 : Enfin, les oeillets ou aires saunantes sont les derniers bassins de la saline, là où cristallise le sel . Au bord de l’oeillet, une surface plane sert à stocker la récolte du jour : elle se nomme ladure à Guérande et la récolte ladurée ; coubiat à Oléron .
6 : Le tas de sel rassemblant la production de la saison est le mulon, au nord de la Loire et en Vendée . Il est installé sur le trémet, une surface plane aménagéesur le sommet ou le flanc des talus . Au sud, on parle de pilots, stockés sur les tesseliers ou tesselailles . Toutes ces dénominations ont un rapport avec uneunité de surface, ce qui permettait aux agents de l’administration d’évaluer rapidement le volume de sel produit….. et de percevoir la dîme idoine .

Le circuit de l'eau dans les marais salants de Guérande

Le circuit de l’eau dans les marais salants de Guérande

De la mer au sel

Le principe d’une saline est simple : soumettre l’eau de mer au rayonnement solaire et au souffle éolien pour susciter l’évaporation . Ainsi le sel se concentre . Quand l’eau est saturée, c’est-à-dire au de là de 270 g /l, le sel se cristallise et l’homme peut alors le récolte . Dans la mer, la salinité est de 32 à 34 g/ l . Dans les derniers bassins où l’homme ( tire le sel ) la teneur en sel est de 300 à 350 g / l .
Pour atteindre cet objectif, les marais salants sont constitués d’une suite de bassins de moins en moins profonds .
L’eau met entre 24h et 48h pour parcourir les quelques kilomètres de canaux et bassins . Les premiers bassins font 30 à 40 cm de profondeur, les derniers à peine 3 cm . L’eau s’y réchauffe progressivement : d’une température inférieure à 20°C dans la mer, elle passe à plus de 37° C dans les bassins de production .
Sur 10 litres d’eau qui entrent dans la saline , 9 seront évaporés . Il faut bien sûr des conditions météorologiques spécifiques, ce qui explique que le Golfe du Morbihan constitue la limite septentrionale des marais salants européens .

Gilles Hervy paludier, producteur de sel dans les marais salants de Guérande

Gilles Hervy paludier, producteur de sel dans les marais salants de Guérande

Indispensable argile

Cette montée en température est favorisée par la nature du sol des marais salants . Les salines sont installées sur le schorre supérieur, cette partie de l’estran composée de vase dure dite ( argile bleue à scrobiculaire ) Outre sa plasticité qui permet l’aménagement des bassins et des chemins de circulation, et son imperméabilité qui empêche l’infiltration de l’eau, l’argile présente d’indéniables propriétés calorifiques .
Sur une trentaine de centimètres d’épaisseur, elle absorbe les calories reçues au cours de la journée .
Une fois la fraîcheur du soir venue, elle peut donc restituer cette chaleur accumulée le jour . Cet échange thermique fait des marais salants de vastes plaques chauffantes . De l’eau mais pas trop . Toute la subtilité de la production du sel solaire repose dans le contrôle de la circulation de l’eau dans la saline . Le débit est ajusté à la température et donc à la rapidité de l’évaporation .
Pas question qu’un bassin se retrouve à sec ! A de tels niveaux de salinité aucun équipement mécanique ne résiste . De simples ardoises à trous munies de bouchons de bois ou de liège, des trappes de bois voire de simples filtres végétaux permettent donc aux paludiers de régler des débits .
A l’inverse, la pluie est l’ennemie du paludier : elle fait baisser la salinité et empêche la cristallisation du sel . 1 cm de pluie nécessite plusieurs jours de forte chaleur avant que le marais ne retrouve un niveau de concentration suffisante pour donner du sel !


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Les Salicornes bio, plantes sauvages des marais de Guérande, sont capables de vivre sur des sols salés tels que les vasières ou salines des marais salants de Guérande sud Bretagne.

La cueillette est faite sur les bords des salines exploitées et sur toutes les zones inondées par la mer des marais salants de Guérande. Récolte annuelle du printemps, les salicornes sont vertes et tendres en période de végétation, moment idéal pour la récolte au couteau on ne prélève que les pointes tendres de la plante.

Les Salicornes bio des marais salants de Guérande en Bretagne

Les Salicornes bio des marais salants de Guérande en Bretagne

Les Salicornes bio des marais de Guérande ont la particularité d’accumuler une grande quantité de sels minéraux, ce qui explique leur richesse en vitamines A, C, D ,en oligo-éléments et en iode (commes les algues).
Les Salicornes bio, appelées aussi “passe-pierre”, bénéficient d’une image de produit naturel, original et se consomme principalement en condiment (au vinaigre, comme les cornichons) ou en légumes (cuisinée comme des haricots verts)


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Aux chaudes heures de l’été, quand le marais connaît sa production maximale, il faut venir tous les jours récolter son sel bio. Sinon les cristaux de sel colmatent et forment une croûte qui empêche toute future cristallisation et rend le marais improductif .

Pour en titer un revenu qui lui permette de vivre, un paludier ou un saunier doit exploiter environ 60 à 70 oeillets, dont la récolte quasi quotidienne représente une lourde charge de travail . Mais ces hommes et ces femmes ( elle représentent environ 10 % des exploitants ) vouent une véritablement passion à leur métier . Dans le bassin de Guérande, quand un jeune s’installe, on dit qu’il ( vient au marais ) .
Quand on leur demande depuis quand ils exploitent le sel bio ils répondent qu’ils ( sont au marais ) depuis tant de temps . Héritiers d’une tradition multi-séculaire, les paludiers et sauniers perpétuent des gestes qui n’ont guère changé depuis les origines des salines . Cueillir la fleur de sel . Quand des conditions météorologiques sont propices, une fine couche de sel bio apparaît à la surface des oeillets ou aires saunantes . C’est la fleur de sel . Elle naît de la rapide évaporation sous l’effet des vents d’est ou d’ouest qui la poussent dans les angles des bassins de production .

La fleur de sel bio produit par le paludier Gilles Hervy dans les marais salants de Guérande

La fleur de sel bio produit par le paludier Gilles Hervy dans les marais salants de Guérande


Contrairement au sel gris bio, la fleur de sel est constituée de cristaux cubiques qui surnagent à la surface, formant une véritable rosée de sel bio, dont les spécialistes apprécient l’odeur de violette!
Mais il faut la cueillir avant la nuit, sinon la rosée du matin l’alourdit et la fait couler. Il faut aussi la cueillir avec délicatesse, sinon la pellicule se brise et la fleur coule.
Les paludiers ont donc des outils spécifiques,dont les détails varient selon les régions de production, mais le principe reste similaire :une mince planche, à l’origine de bois,percée ou non de trous, aujourd’hui parfois en treillis de plastique tendu sur un câble , montée sur un manche. C’est la lousse des Guérandais, parfois nommée la laisse à sel fin, au sud de la Loire, et servion à Oléron. Son manche n’est pas très long car la fleur est concentrée dans les angles. D’un geste précis, les paludiers et sauniers font passer la planche sous la couche de sel et détachent doucement la pellicule de sel bio qui se dépose sur la planchette à l’extrémité du manche. Après un égouttage rapide, la fleur de sel est déposée dans un panier posé au pied de l’homme ( ou de la femme ) de l’art. Chque oeillet ou aire saunante, de 70 m2, peut donner jusqu’à 5 kg de fleur par jour dans les conditions optimales.
Le gros sel gris bio produit par le paludier Gilles Hervy dans les marais salants de Guérande

Le gros sel gris bio produit par le paludier Gilles Hervy dans les marais salants de Guérande

Tirer le sel bio.

La majeure partie de la production des salines est constituée du gros sel, ou sel gris. Le matin, les paludiers et sauniers tirent le sel bio avec leur outil au manche démesurément long, de près de 5 m : le las des Guérandais, le simoussi des Rétais, l’ételle à Noirmoutier, ou la simouche des Vendéens et Oléronais. Au bout de ce manche très souple, en bois ou aujourd’hui en fibres de carbone ou de verre pour plus de légèreté, se trouve une planchette avec un bord bisauté. Il faut de la force et de la dextérité pour manier l’engin : toute la difficulté consiste à ne pas le laisser tomber sur le fond du bassin, pour ne pas racler celui-ci ni décoller des particules d’argile qui gâteraient la récolte, surtout en début de saison quand le fond du bassin est encore souple.
Au fil de la saison, l’argile durcit, amoindrissant le risgue d’accident. D’un ample geste, le paludier crée une vague à l’aide du bord biseauté. Une vaguelette très légère qui ne décolle pas l’argile du font du bassin mais qui suffit à faire rouler les cristaux de sel. Les ondes rapprochent successivement le sel du fossé ou de la ladure (la plateforme sur laquelle sera stockée la récolte du jour).
Puis, le manche calé sur l’épaule, il hale le sel à terre en tournant le bord droit de la planche du rouable vers lui. C’est parfois l’épouse, un jeune de la famille, ou un apprenti, qui remonte le sel à terre,
à l’aide d’un outil au manche moins long et plus simple à manier. Il faut moins de 10 min à un paludier pour s’occuper d’un oeillet ou aire saunante. Chaque bassin peut donner jusqu’à 50 à 80 kg de gros sel bio par jour. Selon les régions, les formes des tas de sel au bord des bassins sont variables : les Guérandais forment des cônes grossiers, dont certains coiffent parfois le sommet d’une crête, signant l’auteur du travail. Les petites pyramides aux faces parfaitement planes sont caractéristiques des bassins de Ré. Les sauniers les forment avec un outil spécifique : le souvron. Il est constitué d’une planchette de bois fixée perpendiculairement au manche et dotée de trous qui permettent l’écoulement du surplus d’eau. A l’aide du dos de cette planchette, les sauniers aplatissent les faces de leurs pyramides. Dans le marais vendée, les sauniers sortent le sel bio des oeillets à l’aide du survalet. Pendant qu’ils récoltent le sel bio, les paludiers et sauniers ont ouvert quelques trappes pour assurer la circulation de l’eau. Demain, le marais ainsi nourri aura encore du sel bio à donner. Si le vent et le soleil le veulent !


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C’est l’été que l’animation autour de la saline est la plus forte. Le marais entre en production vers le mois de juin et cesse en octobre, voire novembre. Deux fois par jour, le paludier assure un (tour de l’eau).

Il observe le ciel et anticipe l’évolution du temps afin d’ajuster le débit de l’eau pour une évapo-concentration maximale. Il tire le sel bio au bord de chaque oeillet ou aire saunante en un petit tas qui s’égoutte là une douzaine d’heures. Le lendemain, le sel rejoint un tas qui grossit au fil de la saison, souvent en bord de route, le mulon, ou pilot. Aujourd’hui ce transport s’effectue en brouette d’une centaine de kilos. Jadis c’etait le travail des femmes de porter la récolte du jour dans de larges jattes de bois (les gèdes) posées sur leur tête. A Guérande, on les appelait les (porteresses). Leur salaire était constitué de la récolte quotidienne de sel bio menu, cette fleur de sel bio qui n’avait pas alors la valeur qu’elle a aujourd’hui.
En automne, la saline n’est plus productive.

Le gros sel gris bio produit par le paludier Gilles Hervy dans les marais salants de Guérande

Le gros sel gris bio produit par le paludier Gilles Hervy dans les marais salants de Guérande


Le soleil ne brille plus assez pour permettre à l’eau de chauffer et la pluie y dilue le sel bio. Jamais la concentration n’est assez élevée pour permettre la cristallisation. La saline entre en repos. Mais pas les paludiers. Ils (roulent) le sel bio : les tas de sels, mulons ou pilots, sont chargés dans des bennes que des tracteurs mènent aux salorges, ces vastes entrepôts, aujourd’hui largement coopératifs où le sel bio est stocké. Il continue à s’y égoutter avant d’être commercialisé. En hiver, les salines sont inondées. Sous 50 cm d’eau saumâtres, mêlant eau de mer et eaux de pluie, elles sont ainsi protégées du gel. Sans cette protection, l’argile du fond des bassins pourrait geler et s’effriter, présentant ensuite une mauvaise texture pour les futures récoltes. Le principal travail de l’hiver est le nettoyage de la vasière qu’il faut débarrasser des dépôts et alluvions qui l’empêchent d’assurer correctement son rôle de bassin de décantation.
Le gros sel gris bio produit par le paludier Gilles Hervy dans les marais salants de Guérande

Le gros sel gris bio produit par le paludier Gilles Hervy dans les marais salants de Guérande


Au printemps, il est temps de redonner au marais son visage de saline. Les bassins sont vidée en période de morte-eau. Les dépôts végétaux sont retirés et la vase liquide ôtée du fond est rejetée sur les talus (qui s’appellent fossés dans les marais !) qu’elle consolide. Les derniers bassins sont traités avec beaucoup d’attention : le fond doit être parfaitement lisse et plat pour récolter le sel le plus pur. Au fur et à mesure de leur remise en état, les bassins sont ouverts, emplis d’eau, et le processus commence. Quand les derniers bassins sont nettoyés, alors le marais est prêt à donner du sel bio.


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L’eau de mer contient environ 30 gr (valeur moyenne)de sel dissous par litre et pour en obtenir la cristallisation il faut progressivement dépasser le niveau de saturation qui se situe à 270 gr par litre. Pour simplifier il faut faire évaporer environ 10 litres sur 11 avant de produire le 1° gramme.

Lorsque le sel produit représente une quantité suffisante (25 kg minimum) il est extrait à l’aide d’une raclette appelée “Las”, puis remonté sur la “Ladure” ou il s’égoutte quelques heures avant d’être transporté sur le “Trémet” pour constituer le mulon..

Les surfaces préparatoires occupent la plus grande partie de la surface d’un salin, il faut y évaporer environ 90% de l’eau initiale . Un système de vannes ferme ces étangs et utilisent au mieux la topographie pour limiter les constructions et les pompages.

Le processus d’évaporation

Les « oeillets » occupent donc les 10% restant, elles doivent être parfaitement dessinés, leur sol soigneusement nivelé et compacté. Ils sont entourées de canaux qui amènent les eaux saturées et d’autres canauxqui évacuent les eaux mères (et de pluies). Suivant les conditions météo de l’endroit la récolte se fait une ou deux fois par saison ou tous les jours.

Le circuit de l'eau dans les marais salants de Guérande

Le circuit de l’eau dans les marais salants de Guérande

Le premier sel qui se dépose est le calcaire et la dolomie à partir d’une concentration en NaCl de 30g/litre.

Puis le sulfate de calcium sous forme hydratée : le gypse . La précipitation commence à une densité de 1.109 soit une concentration de 150g de NaCl/litre.

80% de ce sel est cristallisé quand commence la cristallisation du chlorure de sodium à d=1.216 , soit une concentration de 350 g de NaCl/litre. Dans les marais salants la précipitation est arrêtée volontairement quand la densité atteint, par exemple 1.262 , la saumure contient alors 40 g/l de magnésium .

Une des salines de Gilles Hervy dans les marais salants de Guérande

Une des salines de Gilles Hervy dans les marais salants de Guérande

Le sel qui cristallise au delà est amer et l’évaporation devient trop lente. Les eaux sont donc évacuées. Pour produire 1 kg de sel il faut environ 37 kg d’eau de mer dont 90% sont évaporés avant cristallisation, 7% pendant la cristallisation et 3% d’eaux mères sont rejetées.

Va-nu-pieds

Les paludiers sont souvent pieds nus pour effectuer la récolte;
En ramemant le sel sur leurs pieds, il ramène aussi de l’humidité, ce qui rend l’argile du rebord glissante. Pieds nus, ils disent trouver de meilleurs appuis, particulièrement au début de la saison, quand l’argile n’a pas encore durci.
Leurs pieds nus protègent aussi leur récolte : la vase pourrait s’incruster dans les semelles de leurs chaussures et former des pellicules qui retomberaient dans le bassin.
La quantité de la récolte en serait affectée et le fond du bassin perdrait de sa parfaite planitude.


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A la montée des eaux de l’océan atlantique à marée haute, l’eau est conduite via le “trait” puis les “étiers” vers la saline, pour s’accumule dans une première série de bassins : les vasières.

Par la suite l’eau suit un circuit sur toute la saline pour finir dans les oeillets, les bassins de récolte. Sur tout son parcourt (de plusieurs semaines), l’action cumulée de la chaleur solaire et du vent accélère l’évaporation. Le temps nécessaire à l’évaporation détermine l’organisation de l’espace de circulation. Un grand espace permet un long parcours de l’eau, donc une intense évaporation. L’eau qui circule en s’évaporant se concentre progressivement en sel. II s’agit de maintenir le taux de salinité de l’eau déjà concentrée, tout en introduisant de manière continue des eaux nouvelles.

Le circuit de l’eau vers la saline du paludier

Le circuit de l'eau dans les marais salants de Guérande

Le circuit de l’eau dans les marais salants de Guérande

Les premières prises de l’eau sont réalisées à la fin du mois de mars ou au début du mois d’avril. L’eau est introduite dans les vasières puis successivement dans le cobier, les fares, les adernes en s’y évaporant petit à petit, de sorte qu’après un trajet extrêmement sinueux, elle parvient aux bassins les plus éloignés des prises d’eau, les plus petits aussi, appelés les oeillets.
Le sel cristallise dans ces derniers bassins (les oeillets) et c’est à cet endroit que le sel et la fleur de sel sont récoltés. Les oeillets sont aménagés différemment des autres bassins. Effectivement, chacune des digues dispose d’une plateforme de récolte “la ladure” qui permet de récolter le gros sel à l’aide d’un “las”. La fleur de sel, elle, apparaît certains jours en surface des oeillets comme naîtrait un enfant façonné par les vents et le soleil.


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La faible épaisseur d’eau du marais permet à la lumière de pénétrer jusqu’au fond, là où sont les éléments nécessaires à la formation du phytoplancton. La concentration en plancton végétal et animal en fait une véritable nurserie naturelle.

La richesse alimentaire et la douceur climatique générées par les marais en font aussi le lieu de prédilection d’une flore et d’une faune rares. Une multitude d’oiseaux migrateurs viennent du Grand Nord s’y fortifier : vanneaux, pluviers argentés, courlis, hérons cendrés, échasses blanches, chevaliers gambettes, avocettes, bécasseaux, et tous les palmipèdes, dont quelques uns très rares, comme l’oie bernache. Cette richesse vaut au bassin salicole guérandais d’être inscrit dans de nombreux inventaires : Ramsar, ZNIEFF (Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique, Floristique et Faunistique).
Quant à la végétation, elle croît sur les talus, comme la cardère, le fenouil ou l’armoise, mais la flore la plus spécifique et la plus étrange des marais est celle qu’engendrent les vases salées. Parmi ces plantes halophiles, la salicorne est la plus connue, pour ses qualités nutritives, ses propriétés diurétiques, et son excellence gastronomique.

Un paradis pour les oiseaux

Les salines constituent un écosystème très riche, qui rassemble une grande diversité de milieux. Les premiers bassins de stockage, vasières ou vasais, remplis rériodiquement, présentent une salinité proche de l’océan, qui permet le développement de plancton et la présence de poissons. Vide, sa vase regorge de crustacés, mollusques et vers? Aux marges du marais, les eaux douces, de ruissellement, mêlées aux eaux salées, permettent le développement des roseaux et joncs. L’ensemble des conditions est donc requis pour attirer une large population d’oiseaux d’eau : ils trouvent le gîte dans la partie touffue de la végétation alentour et le couvert dans les bassins qui constituent des garde-manger.

Le heron cendré des marais salants de Guérande

Le heron cendré des marais salants de Guérande

Les limicoles trouvent leur pitance dans les vasières qu’ils fouillent grâce à leur bec. Emblématique des salines, l’avocette élégante (Recurvirostra avosetta) se distingue par son plumage blanc et noir. Haut perchée sur ses longues pattes bleutées, elle sabre l’eau de son long bec fin et retroussé en lançant sa tête de droite et de gauche. Si les paludiers et sauniers ont élu l’avocette reine de leurs marais, ils sont moins satisfaits de la présence du tournepierre à collier ( Arenaria interpres). En période prénuptiale, il squatte les ponts des salines et les abîme avec sa fâcheuse habitude de piquer partout à la recherche de nourriture : grâce à son court bec en stylet; il creuse l’argile, soulève herbes marines et pierres. Les paludiers et sauniers sont parfois dérangés par un long cri strident qui leur fait lever la tête et chercher du regard qui les interpelle de la sorte : c’est le gravelot à collier interrompu (Charadrius alexandrinus) ! ce petit limicole rondouillard se repère à son allure : il se déplace avec vélocité dans de brèves courses entrecoupées d’arrêts tout aussi rapides.
Les palmipèdes fréquentent les marais entre deux migrations. C’est le cas de la bernache cravant (Branta bernicla), oie marine de petite taille, reconnaissable à son plumage très sombre et son arrière-train blanc, qu’elle livre au regard en plongeant pour aller pêcher la zostère, herbe marine dont elle se nourrit. Autre pataugeur très reconnaissable, le tadorne de Belon (Tadorna tadorna) se signale, pour les mâles du moins, par son bec rouge surmonté d’un tubercule. Pour élever ses petits, le tadorne constitue des crèches rassemblant plusieurs centaines de poussins laissés à la surveillance d’un ou deux adultes. Certains hôtes à plumes des marais sont de fins pêcheurs. Ainsi la sterne pierregarin (Sterna hirundo) vole sur place au-dessus de l’eau pour repérer ses proies et plonge comme une flèche dans une gerbe d’eclaboussures .

L'hirondelle de mer à sa queue fourchue des marais salants de Guérande

L’hirondelle de mer à sa queue fourchue des marais salants de Guérande

Elle doit son surnom d’hirondelle de mer à sa queue fourchue. On la reconnaît à sa calotte noire qui tranche sur son plumage blanc et à son bec rouge souligné de noir. L’aigrette garzette (Egretta garzetta), et le héron cendré (Ardea cinerea) sont les piscivores les plus faciles à repérer sur le marais. Le premier est plus petit que le second et se reconnaît à son plumage blanc, et ses pattes noires aux doigts jaunes, tandis que le héron cendré arbore un plumage grisâtre. Tous deux sont de patients prédateurs : ils peuvent rester longtemps immobiles a surveiller leur proie avant de la faucher d’un rapide et puissant coup de bec.
Le plus petit des pêcheurs des marais est le martin-pêcheur (Alcedo atthis).
Malgré un plumage flamboyant, d’un bleu métallisé, il est particulièrement difficile à observer car très furtif. Après avoir repéré ses proies depuis un perchoir ou en vol stationnaire, il plonge à la verticale, et les prélève de son bec puissant. Tout aussi difficiles à observer, à cause de leur petite taille, les passereaux sont des hôtes discrets du marais. Ils sont plus faciles à entendre car ce sont de fins chanteurs.
Le gorgebleue à miroir blanc (Luscinia svecica namnetum) est surnommé la perle du marais. Seul le mâle arbore cette gorge bleue où éclate une tache centrale blanche. Même son chant est délicat à repérer car c’est un fin imitateur .