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C’est l’été que l’animation autour de la saline est la plus forte. Le marais entre en production vers le mois de juin et cesse en octobre, voire novembre. Deux fois par jour, le paludier assure un (tour de l’eau).

Il observe le ciel et anticipe l’évolution du temps afin d’ajuster le débit de l’eau pour une évapo-concentration maximale. Il tire le sel bio au bord de chaque oeillet ou aire saunante en un petit tas qui s’égoutte là une douzaine d’heures. Le lendemain, le sel rejoint un tas qui grossit au fil de la saison, souvent en bord de route, le mulon, ou pilot. Aujourd’hui ce transport s’effectue en brouette d’une centaine de kilos. Jadis c’etait le travail des femmes de porter la récolte du jour dans de larges jattes de bois (les gèdes) posées sur leur tête. A Guérande, on les appelait les (porteresses). Leur salaire était constitué de la récolte quotidienne de sel bio menu, cette fleur de sel bio qui n’avait pas alors la valeur qu’elle a aujourd’hui.
En automne, la saline n’est plus productive.

Le gros sel gris bio produit par le paludier Gilles Hervy dans les marais salants de Guérande

Le gros sel gris bio produit par le paludier Gilles Hervy dans les marais salants de Guérande


Le soleil ne brille plus assez pour permettre à l’eau de chauffer et la pluie y dilue le sel bio. Jamais la concentration n’est assez élevée pour permettre la cristallisation. La saline entre en repos. Mais pas les paludiers. Ils (roulent) le sel bio : les tas de sels, mulons ou pilots, sont chargés dans des bennes que des tracteurs mènent aux salorges, ces vastes entrepôts, aujourd’hui largement coopératifs où le sel bio est stocké. Il continue à s’y égoutter avant d’être commercialisé. En hiver, les salines sont inondées. Sous 50 cm d’eau saumâtres, mêlant eau de mer et eaux de pluie, elles sont ainsi protégées du gel. Sans cette protection, l’argile du fond des bassins pourrait geler et s’effriter, présentant ensuite une mauvaise texture pour les futures récoltes. Le principal travail de l’hiver est le nettoyage de la vasière qu’il faut débarrasser des dépôts et alluvions qui l’empêchent d’assurer correctement son rôle de bassin de décantation.
Le gros sel gris bio produit par le paludier Gilles Hervy dans les marais salants de Guérande

Le gros sel gris bio produit par le paludier Gilles Hervy dans les marais salants de Guérande


Au printemps, il est temps de redonner au marais son visage de saline. Les bassins sont vidée en période de morte-eau. Les dépôts végétaux sont retirés et la vase liquide ôtée du fond est rejetée sur les talus (qui s’appellent fossés dans les marais !) qu’elle consolide. Les derniers bassins sont traités avec beaucoup d’attention : le fond doit être parfaitement lisse et plat pour récolter le sel le plus pur. Au fur et à mesure de leur remise en état, les bassins sont ouverts, emplis d’eau, et le processus commence. Quand les derniers bassins sont nettoyés, alors le marais est prêt à donner du sel bio.


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